La communauté locale à Goma s’est unie dans la prière le lundi 5 février 2024 à la paroisse Notre Dame du Mont Carmel, pour honorer la vie et le travail de la Sœur Pilar Vernandez de Valdernama, une religieuse pleine de compassion et audacieuse décédée le 1er février 2024 en Espagne, dans la ville de Tarragone, des suites d’une brève maladie. La messe d’adieu, présidée par Mgr Henri Chiza, envoyé spécialement par Mgr Willy Ngumbi, évêque du diocèse de Goma, a été un moment poignant de célébration de la vie et de l’héritage inestimable laissé par la Sœur Pilar.
Dans son homélie, Mgr Henri Chiza a rappelé l’appel de la Sœur Pilar à la vie consacrée et son dévouement sans faille pendant plus de sept décennies. « Nous rendons grâce à Dieu pour ses 70 ans de service dévoué au Seigneur, dont 50 années passées au sein de la communauté de Goma », a-t-il déclaré. Il a également souligné le rôle crucial de la Sœur Pilar dans l’établissement du Centre de Santé Carmel, qui est aujourd’hui un pilier essentiel des soins de santé primaires dans la région.

Les témoignages émouvants des proches et des membres de la communauté ont mis en lumière la force et la générosité qui caractérisaient la Sœur Pilar.
L’Abbé Arsène Minembwe a partagé un souvenir marquant de son temps passé avec la Sœur Pilar à Mwesso, où elle a démontré un courage inébranlable : « Elle n’était pas prête à abandonner même quand le danger était perceptible. À Walikale, elle a suscité plusieurs vocations à la vie religieuse. »
Les sœurs carmélites ont souligné son dévouement infatigable envers les plus démunis : « Évangéliste, missionnaire, courageuse, infatigable, etc. Tous les témoignages faits sur elle aujourd’hui sont vrais. »









Les membres du personnel du centre de santé ont partagé leur gratitude pour les valeurs humanitaires qu’elle leur a inculquées : « Elle nous a enseigné à donner des soins aux malades en privilégiant la santé au lieu de l’argent. »
Les relais communautaires ont témoigné de son impact sur l’ouverture du service de maternité : « Son travail a aidé les familles de ce quartier Katindo et d’autres quartiers environnants Carmel. »
La cérémonie, empreinte de solennité et de gratitude, a été l’occasion pour la communauté de se rassembler et de rendre hommage à cette femme extraordinaire qui a consacré sa vie à servir les autres. Alors que la Sœur Pilar repose désormais entre les mains du Seigneur, son héritage perdurera dans le cœur de ceux qu’elle a touchés, inspirant les générations futures à suivre ses pas dans la voie de l’amour et du service désintéressé.
Qui était la Soeur Pilar ?
La Sœur Pilar est née à Puetelarra, dans la province d’Alava en Espagne, le 13 mai 1929. Elle fut baptisée cinq jours après sa naissance, le 18 mai 1929, et reçut le sacrement de la confirmation le 17 avril 1934. Elle entra dans la congrégation des Sœurs CMT le 31 août 1954. Après une année de formation en 1955, elle prononça ses premiers vœux. Par la suite, elle se rendit en Belgique pour apprendre le français et se préparer à la mission, où elle passa une année.
Avec la première caravane missionnaire pour le Congo, Sœur Pilar se consacra pleinement à sa mission, arrivant au Congo en 1958 avec d’autres sœurs carmélites, notamment Sœur Gemma Miro Boro. Elles commencèrent leur mission dans le diocèse de Goma, paroisse de Walikale. Sœur Pilar œuvra comme missionnaire dans le diocèse de Goma pendant 50 ans de vie, marquant différentes paroisses de son engagement. De 1958 à 1964, elle servit à la paroisse de Walikale, puis de 1964 à 1976. De 1976 à 1983, elle fut à la paroisse de Matanda, et de 1987 à 1994, à la paroisse de Mwesso en tant que gestionnaire de l’hôpital diocésain.
De 1994 à 2008, elle se consacra à la paroisse Notre Dame du Mont Carmel à Goma. Sœur Pilar fut également une bienfaitrice pour certaines familles de Goma, soutenant la scolarisation des enfants. À Goma, elle développa ses talents de gestionnaire des œuvres, notamment le Centre de Santé Maternité Notre Dame du Mont Carmel et le Complexe Scolaire Teresa Mira, répondant à la demande de la Supérieure Générale de l’époque en recherchant des fonds.
Femme courageuse et dévouée, sa santé commença à décliner en 2020. Elle fut ensuite nommée dans une communauté des sœurs âgées, où son engagement demeura palpable. Après une courte maladie, elle rendit l’âme le 1er février 2024.